Table des matières
Un client découvre un grand cru dans une publicité Facebook, réfléchit, puis revient l'acheter une semaine plus tard. Dans vos rapports, la vente apparaît en « Direct », ou n'apparaît pas du tout. C'est ce qui arrivait à une vente sur trois chez Vaudvins.ch.
Voici ce que 90 jours de mesure server-side ont révélé, chiffres à l'appui.
En bref
217'332 requêtes qui auraient été bloquées ou limitées ont été récupérées en 90 jours.
30,7 % des achats étaient invisibles ou mal attribués : 5,54 % à cause des bloqueurs, 25,20 % à cause des protections anti-tracking des navigateurs.
Tout le tunnel était touché, du panier (31,79 % de données récupérées) à la livraison.
Le consentement reste respecté : 37,8 % de refus sur les pages vues, 15,4 % sur les achats.
À noter
Le site vaudvins.ch n'existe plus : depuis septembre 2026, il est devenu Swiss Wine Vaud, également client d'A-Track, pour qui le tracking a été entièrement refait. Les résultats ci-dessous concernent l'ancien site vaudvins.ch.
Le contexte : une clientèle très présente sur Safari

Vaudvins.ch, boutique en ligne de vins vaudois, s'adressait à une clientèle exigeante. L'analyse du trafic était sans appel : une part importante des visiteurs utilisait Safari, sur iPhone et sur Mac.
Or Safari applique l'ITP (Intelligent Tracking Prevention). Selon WebKit, les cookies posés en JavaScript sont supprimés après 7 jours sans interaction, et limités à 24 heures quand le visiteur arrive par un lien de tracking, comme un clic publicitaire.
Le scénario type : un client découvre un grand cru dans une publicité Facebook le lundi. Il revient l'acheter le mardi de la semaine suivante.
Sans server-side : Safari a effacé le cookie. La vente est attribuée au trafic « Direct » et le ROAS de Facebook est faux.
Avec un bloqueur de publicité : la vente n'est même pas vue par Google Analytics.
Vaudvins.ch pilotait donc ses campagnes avec des données tronquées.
L'intervention A-Track : une mesure first-party côté serveur
Nous avons déployé une infrastructure de tracking server-side : les données transitent par un serveur de mesure (proxy) contrôlé par Vaudvins, sur un sous-domaine du site, au lieu de partir directement du navigateur vers chaque plateforme.
Ce montage ne contourne ni les bloqueurs ni le consentement. Il rend la mesure résiliente aux restrictions techniques (scripts tiers bloqués, cookies JavaScript raccourcis) et le choix du visiteur reste appliqué : un refus reste un refus.
Les chiffres qui suivent comparent, sur 90 jours après l'installation, le flux navigateur et le flux serveur. Ils sont mesurés chez Vaudvins.ch, sur cette période, et ne constituent pas une moyenne du marché.
Les résultats : 30,7 % des achats récupérés

C'est le chiffre le plus important pour le chiffre d'affaires. Sur l'événement d'achat (purchase), le flux serveur a récupéré :
5,54 % des ventes, perdues à cause des bloqueurs de publicité ;
25,20 % des ventes, limitées par les protections anti-tracking des navigateurs (ITP de Safari, protection renforcée de Firefox).
Ce que cela change : sans cette intervention, 30,7 % des ventes réelles étaient invisibles ou mal attribuées dans les outils d'analyse. Près d'une vente sur trois échappait au pilotage du budget marketing.
Safari et tunnel de conversion : ce que révèlent les requêtes
Safari : le suivi rétabli
Sur la période, 185'546 requêtes ont été récupérées des mécanismes de prévention du tracking, un volume presque identique au trafic Safari total. Autrement dit, quasiment tous les visiteurs Safari étaient auparavant suivis avec des cookies à courte durée de vie.
Le serveur pose des cookies first-party dans la réponse HTTP. Attention : WebKit plafonne aussi ces cookies à 7 jours si le serveur de mesure est détecté comme un tiers (CNAME ou adresse IP différente du site). Bien configurés, ils permettent de reconnaître un client sur plusieurs semaines et de mieux estimer sa valeur vie client (LTV).
Un tunnel de conversion « bouché »
La perte ne touchait pas que l'achat final, mais tout le parcours :
view_cart (panier consulté) : 31,79 % de données récupérées ;
add_shipping_info (livraison) : jusqu'à 100 % de données récupérées sur certains segments.
Avec ces étapes intermédiaires, Vaudvins.ch peut construire des audiences de relance de panier abandonné plus complètes et plus précises, pour les visiteurs qui ont consenti.
Consentement : la réalité du « non »
La conformité LPD impose de respecter le choix du visiteur. Sur Vaudvins.ch, les refus mesurés étaient nets :
Pages vues : 37,8 % de refus.
Achats : 15,4 % de refus.
Les acheteurs acceptent donc plus volontiers les cookies que les simples visiteurs.
Avec le Google Consent Mode v2 en mode advanced, les refus ne sont pas perdus pour l'analyse : GA4 peut modéliser le comportement des visiteurs manquants. Cette modélisation n'est active qu'au-delà de seuils de volume, notamment 1'000 événements par jour avec refus pendant au moins 7 jours, selon l'aide Google Analytics. Plus de détails dans notre guide du Consent Mode v2.
Conseil A-Track
Suivez vos taux de refus par étape du tunnel, pas seulement sur les pages vues. Un taux de refus nettement plus bas à l'achat, comme ici, indique que vos données de vente restent exploitables, à condition que la mesure technique suive.
Conclusion : ne laissez pas le navigateur décider de votre ROI
Le cas Vaudvins.ch montre qu'un site très fréquenté sur Safari peut perdre une part importante de ses ventes dans ses rapports, sans perdre un seul client. Ce que l'on perd, c'est l'information qui permet d'en gagner de nouveaux.
Mesurez votre part de trafic Safari dans GA4 et comparez les ventes de votre boutique à celles de vos rapports.
Faites passer les événements clés par un serveur first-party, configuré selon les règles de Safari.
Activez le Consent Mode v2 en mode advanced et suivez vos refus par étape.
Pour aller plus loin, lisez notre guide de la mesure de performance marketing.
Vous voulez savoir combien de ventes votre site "rate" dans ses rapports ?
Faisons le même audit pour votre e-commerce.