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« A-t-on encore le droit d'utiliser Google Analytics ? » La question revient dans beaucoup de réunions marketing en Suisse. Entre la LPD et les transferts de données vers les États-Unis, certaines entreprises passent à Matomo ou Plausible et perdent au passage l'écosystème Google (Ads, BigQuery). Il existe une autre voie : garder GA4, mais changer la façon dont la donnée lui parvient.
En bref
En installation classique, le navigateur du visiteur envoie ses requêtes directement à Google, URL complète comprise.
Un serveur GA4 server-side agit comme une douane : il inspecte et nettoie chaque événement avant de le transmettre.
Trois nettoyages clés : l'adresse IP, les données personnelles dans les URL, les détails de l'appareil.
Le nettoyage réduit les risques, il ne remplace ni le consentement ni une politique de confidentialité à jour.
Le problème : la connexion directe à Google
Dans une installation client-side, le script Google Analytics s'exécute dans le navigateur du visiteur :
L'utilisateur visite votreclient.ch.
Son navigateur envoie une requête directement aux serveurs de Google.
Cette requête contient techniquement l'adresse IP (nécessaire à la connexion), le User Agent du navigateur et l'URL complète de la page.
Google précise que GA4 n'enregistre pas les adresses IP des utilisateurs suisses et européens et les utilise seulement pour une géolocalisation approximative (aide Google Analytics). Mais vous ne contrôlez pas ce qui part : si une adresse e-mail se trouve dans l'URL, elle est transmise telle quelle. Et Google est certifié au Swiss-U.S. Data Privacy Framework depuis le 15 septembre 2024, ce qui encadre le transfert sans vous dispenser d'informer vos visiteurs.
La solution : un serveur qui sert de douane

Le tracking server-side introduit un intermédiaire que vous contrôlez. Au lieu de parler à Google, le navigateur parle à votre serveur, par exemple data.votreclient.ch, un proxy hébergé chez Stape.
Ce serveur reçoit la donnée, l'inspecte, la modifie, et seulement ensuite la transmet à Google. C'est à cette étape que s'applique le nettoyage. Le fonctionnement complet est décrit dans notre guide GA4 server-side avec Stape.
Les trois étapes du nettoyage des données
![Checklist de nettoyage GA4 server-side : IP supprimée ou tronquée, e-mails remplacés par [REDACTED], User Agent réduit, Google Signals désactivés ; à éviter : e-mail en clair dans l'URL.](https://www.a-track.ch/storage/ItPlV4Mng8vNo93orsjo6fuYjLAdP6XTzhBRv3FO.webp)
Voici la procédure que nous appliquons pour les comptes GA4 de secteurs sensibles (banque, assurance, santé).
1. L'adresse IP : supprimer ou tronquer
Sur le serveur : nous configurons le conteneur pour retirer ou tronquer l'adresse IP de la requête envoyée à Google.
Le compromis : sans adresse IP, GA4 ne peut plus géolocaliser correctement le visiteur, ou le localise là où se trouve le serveur. Pour garder une géolocalisation au niveau du pays ou de la région, on transmet plutôt une IP tronquée ou des champs géographiques calculés côté serveur.
2. Les données personnelles dans les URL (PII)
Erreur classique : un formulaire renvoie vers une URL de confirmation qui contient l'e-mail en clair (?email=jean.dupont@exemple.ch).
Le risque : les règles de Google Analytics interdisent d'envoyer des informations permettant d'identifier une personne, URL comprises. Côté LPD, c'est une donnée personnelle transmise sans nécessité.
La solution server-side : une règle de transformation analyse les URL et paramètres entrants. Si un motif d'e-mail ou de téléphone est détecté, il est remplacé par [REDACTED] avant l'envoi à Google.
En complément : activez aussi la suppression des données (e-mails et paramètres de requête) proposée nativement dans les flux web GA4.
3. La réduction du User Agent
Le User Agent décrit précisément l'appareil (modèle, version du système). Combiné à d'autres signaux, il facilite le fingerprinting. Le serveur peut le simplifier pour ne garder que l'essentiel (mobile ou ordinateur, navigateur), ce qui rend le visiteur moins distinguable.
Conseil A-Track
Attention aux Google Signals. Une fois activés dans GA4, ils associent les données aux utilisateurs connectés à leur compte Google qui ont accepté la personnalisation des annonces. Cela peut réduire l'effet de votre anonymisation. Pour les clients très sensibles, laissez cette option désactivée.
L'hébergement Stape : ce qui change vraiment
« Si le serveur est chez Google Cloud, qu'est-ce que ça change ? » La question est légitime. Stape propose deux familles d'hébergement (documentation Stape) :
Hébergement global : exploité par Stape sur Google Cloud, avec plusieurs zones en Europe.
Hébergement EU : exploité par une entité européenne de Stape sur l'infrastructure de Scaleway, un fournisseur européen, pour les entreprises aux exigences de traitement plus strictes.
Stape ne propose pas de zone en Suisse. Pour une entreprise suisse, un hébergement dans l'UE reste acceptable : les États de l'UE figurent parmi ceux que le Conseil fédéral reconnaît comme offrant une protection adéquate. Le vrai gain est ailleurs : la donnée brute (IP, URL complètes) s'arrête sur un serveur dont vous fixez les règles. Pour comparer les options d'hébergement, lisez notre guide Infomaniak, Google Cloud ou Stape.
Comment présenter cette sécurité à vos clients
Pour vos clients, le nettoyage peut sembler abstrait. Voici une formulation honnête :
« Aujourd'hui, Google Analytics installé de façon classique envoie directement à Google tout ce que contient la page, y compris des données personnelles glissées par erreur. Avec un serveur proxy server-side, nous installons un filtre : l'adresse IP, les e-mails et les détails d'appareil sont retirés avant l'envoi. Bénéfice : vous gardez la puissance de Google pour votre marketing, tout en appliquant le principe de protection des données dès la conception prévu par la LPD (art. 7). Et en cas de contrôle, vous pouvez montrer précisément ce qui part chez Google. »
Évitez les promesses du type « inattaquable » : le server-side réduit le risque, il ne le supprime pas. Le consentement, la politique de confidentialité et le registre des traitements restent nécessaires. Le cadre complet est dans notre guide de conformité LPD et RGPD.
Conclusion : votre checklist de nettoyage
Cherchez des e-mails ou numéros de téléphone dans les URL collectées par GA4 (rapport Pages, 30 derniers jours).
Décidez entre suppression et troncature de l'IP selon vos besoins de géolocalisation.
Mettez en place les règles de nettoyage côté serveur, puis vérifiez les requêtes sortantes dans l'aperçu du conteneur.
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