Cas client Vaudvins.ch : 30,7 % d'achats « invisibles » récupérés en 90 jours

Publié par Thomas dans la catégorie Cas Pratiques le 11.01.2026 Dernière modification : 29.09.2026 à 23h19


Table des matières

Un client découvre un grand cru dans une publicité Facebook, réfléchit, puis revient l'acheter une semaine plus tard. Dans vos rapports, la vente apparaît en « Direct », ou n'apparaît pas du tout. C'est ce qui arrivait à une vente sur trois chez Vaudvins.ch.

Voici ce que 90 jours de mesure server-side ont révélé, chiffres à l'appui.

En bref

  • 217'332 requêtes qui auraient été bloquées ou limitées ont été récupérées en 90 jours.

  • 30,7 % des achats étaient invisibles ou mal attribués : 5,54 % à cause des bloqueurs, 25,20 % à cause des protections anti-tracking des navigateurs.

  • Tout le tunnel était touché, du panier (31,79 % de données récupérées) à la livraison.

  • Le consentement reste respecté : 37,8 % de refus sur les pages vues, 15,4 % sur les achats.

À noter

Le site vaudvins.ch n'existe plus : depuis septembre 2026, il est devenu Swiss Wine Vaud, également client d'A-Track, pour qui le tracking a été entièrement refait. Les résultats ci-dessous concernent l'ancien site vaudvins.ch.

Le contexte : une clientèle très présente sur Safari

Chronologie d'un achat sur Safari : clic sur une publicité Facebook, cookie JavaScript limité à 24 heures puis supprimé après 7 jours par l'ITP, et vente attribuée au trafic direct la semaine suivante.

Vaudvins.ch, boutique en ligne de vins vaudois, s'adressait à une clientèle exigeante. L'analyse du trafic était sans appel : une part importante des visiteurs utilisait Safari, sur iPhone et sur Mac.

Or Safari applique l'ITP (Intelligent Tracking Prevention). Selon WebKit, les cookies posés en JavaScript sont supprimés après 7 jours sans interaction, et limités à 24 heures quand le visiteur arrive par un lien de tracking, comme un clic publicitaire.

Le scénario type : un client découvre un grand cru dans une publicité Facebook le lundi. Il revient l'acheter le mardi de la semaine suivante.

  • Sans server-side : Safari a effacé le cookie. La vente est attribuée au trafic « Direct » et le ROAS de Facebook est faux.

  • Avec un bloqueur de publicité : la vente n'est même pas vue par Google Analytics.

Vaudvins.ch pilotait donc ses campagnes avec des données tronquées.

L'intervention A-Track : une mesure first-party côté serveur

Nous avons déployé une infrastructure de tracking server-side : les données transitent par un serveur de mesure (proxy) contrôlé par Vaudvins, sur un sous-domaine du site, au lieu de partir directement du navigateur vers chaque plateforme.

Ce montage ne contourne ni les bloqueurs ni le consentement. Il rend la mesure résiliente aux restrictions techniques (scripts tiers bloqués, cookies JavaScript raccourcis) et le choix du visiteur reste appliqué : un refus reste un refus.

Les chiffres qui suivent comparent, sur 90 jours après l'installation, le flux navigateur et le flux serveur. Ils sont mesurés chez Vaudvins.ch, sur cette période, et ne constituent pas une moyenne du marché.

Les résultats : 30,7 % des achats récupérés

Graphique des achats récupérés par le tracking server-side chez Vaudvins.ch en 90 jours : 5,54 % perdus à cause des bloqueurs, 25,20 % à cause des protections anti-tracking, 30,7 % au total.

C'est le chiffre le plus important pour le chiffre d'affaires. Sur l'événement d'achat (purchase), le flux serveur a récupéré :

  • 5,54 % des ventes, perdues à cause des bloqueurs de publicité ;

  • 25,20 % des ventes, limitées par les protections anti-tracking des navigateurs (ITP de Safari, protection renforcée de Firefox).

Ce que cela change : sans cette intervention, 30,7 % des ventes réelles étaient invisibles ou mal attribuées dans les outils d'analyse. Près d'une vente sur trois échappait au pilotage du budget marketing.

Safari et tunnel de conversion : ce que révèlent les requêtes

Safari : le suivi rétabli

Sur la période, 185'546 requêtes ont été récupérées des mécanismes de prévention du tracking, un volume presque identique au trafic Safari total. Autrement dit, quasiment tous les visiteurs Safari étaient auparavant suivis avec des cookies à courte durée de vie.

Le serveur pose des cookies first-party dans la réponse HTTP. Attention : WebKit plafonne aussi ces cookies à 7 jours si le serveur de mesure est détecté comme un tiers (CNAME ou adresse IP différente du site). Bien configurés, ils permettent de reconnaître un client sur plusieurs semaines et de mieux estimer sa valeur vie client (LTV).

Un tunnel de conversion « bouché »

La perte ne touchait pas que l'achat final, mais tout le parcours :

  • view_cart (panier consulté) : 31,79 % de données récupérées ;

  • add_shipping_info (livraison) : jusqu'à 100 % de données récupérées sur certains segments.

Avec ces étapes intermédiaires, Vaudvins.ch peut construire des audiences de relance de panier abandonné plus complètes et plus précises, pour les visiteurs qui ont consenti.

Consentement : la réalité du « non »

La conformité LPD impose de respecter le choix du visiteur. Sur Vaudvins.ch, les refus mesurés étaient nets :

  • Pages vues : 37,8 % de refus.

  • Achats : 15,4 % de refus.

Les acheteurs acceptent donc plus volontiers les cookies que les simples visiteurs.

Avec le Google Consent Mode v2 en mode advanced, les refus ne sont pas perdus pour l'analyse : GA4 peut modéliser le comportement des visiteurs manquants. Cette modélisation n'est active qu'au-delà de seuils de volume, notamment 1'000 événements par jour avec refus pendant au moins 7 jours, selon l'aide Google Analytics. Plus de détails dans notre guide du Consent Mode v2.

Conseil A-Track

Suivez vos taux de refus par étape du tunnel, pas seulement sur les pages vues. Un taux de refus nettement plus bas à l'achat, comme ici, indique que vos données de vente restent exploitables, à condition que la mesure technique suive.

Conclusion : ne laissez pas le navigateur décider de votre ROI

Le cas Vaudvins.ch montre qu'un site très fréquenté sur Safari peut perdre une part importante de ses ventes dans ses rapports, sans perdre un seul client. Ce que l'on perd, c'est l'information qui permet d'en gagner de nouveaux.

  1. Mesurez votre part de trafic Safari dans GA4 et comparez les ventes de votre boutique à celles de vos rapports.

  2. Faites passer les événements clés par un serveur first-party, configuré selon les règles de Safari.

  3. Activez le Consent Mode v2 en mode advanced et suivez vos refus par étape.

Pour aller plus loin, lisez notre guide de la mesure de performance marketing.

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Questions fréquemment posées

C'est quoi "Stape.io" ?

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Stape est un hébergeur spécialisé dans Google Tag Manager server-side. Il est souvent choisi plutôt que Google Cloud (GCP) parce qu'il est plus simple à configurer, avec une tarification lisible, et parce qu'il propose des modules prêts à l'emploi (power-ups) : chargement de GTM depuis votre domaine (Custom Loader), anonymisation, conservation des identifiants first-party (Cookie Keeper).

Ces outils rendent la mesure plus robuste, mais ne changent rien au consentement : un refus reste un refus.

Qu'est-ce qu'un "Power-Up" Stape ?

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Ce sont des modules additionnels proposés par Stape pour simplifier des tâches techniques : par exemple Cookie Keeper (conserve et restaure des identifiants first-party quand le navigateur les efface), Custom Loader (charge GTM depuis votre domaine) ou l'anonymisation de données avant envoi.

Ils s'utilisent toujours dans le respect du choix du visiteur.

Combien de temps prend une mise en conformité et installation Server-Side ?

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Pour un site standard, cela prend entre 3 à 7 jours ouvrés pour l'audit, la configuration, la phase de test (recette) et la mise en ligne.

Est-ce que GTM Server accélère le site?

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Pas automatiquement. Le server-side n'allège la page que si l'on retire des scripts du navigateur, par exemple des pixels publicitaires remplacés par des envois depuis le serveur. Si tous les pixels restent en place, le gain est faible.

Quand des scripts sont retirés, le chargement s'améliore, ce qui profite à l'expérience utilisateur et, indirectement, au SEO via les Core Web Vitals.

Est-ce compliqué de migrer vers le Server-Side ?

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Cela demande une expertise technique (DNS, configuration GTM web et server, API des plateformes, consentement). C'est le cœur de métier de spécialistes comme A-Track. Une mauvaise configuration peut entraîner des pertes ou des doublons de données, voire des envois non conformes : d'où l'importance d'une phase de test (recette) avant la mise en ligne.

Le Server-Side permet-il de tout tracer, même sans consentement ?

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Non. Techniquement, un serveur peut recevoir des données, mais cela ne change rien aux règles : le choix du visiteur dans la bannière de cookies doit être respecté, côté navigateur comme côté serveur. Un refus reste un refus.

Le server-side sert à fiabiliser et à minimiser les données, pas à collecter ce que le visiteur a refusé.

Le Server-Side Tracking expose-t-il mon serveur à des failles de sécurité ?

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Non, s'il est bien configuré. Le conteneur GTM Server-Side fonctionne dans un environnement isolé (Docker/Sandboxed). Il n'a pas d'accès direct à votre base de données client ou à votre back-office, il ne fait que recevoir des requêtes HTTP filtrées.

Le tracking Server-Side est-il réservé aux grandes entreprises ?

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Non. Avec des hébergeurs comme Stape, l'infrastructure est devenue accessible aux PME. Elle est particulièrement utile dès que vous investissez régulièrement en publicité ou que vous vendez en ligne : des données de conversion fiables comptent alors directement pour vos campagnes.

Un audit de départ permet de vérifier si l'investissement se justifie pour votre site.